Outils personnels

Alain Berenboom à l'honneur

Le 12 octobre: quelqu'un livre (bibliothèques Espace Delvaux) Les 19 et 20 octobre: Monsieur Optimiste, pièce jouée à l'Espace Delvaux

Alain Berenboom, Watermael-Boitsfort m’inspire

D’emblée, le CV d’Alain Berenboom impressionne : avocat, chroniqueur, romancier, ex-prof d’université…  Un homme multiple salué par la critique littéraire et dont les romans ont reçu plusieurs prix. Né à Schaerbeek, Alain Berenboom vit à Watermael-Boitsfort depuis de nombreuses années. Ce 24 septembre, la Commune le mettra à l’honneur, à l’occasion de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Avec toutes vos activités, comment faites-vous pour boucler une journée en 24 heures ?
Il est vrai que je suis en 3D, multi-facettes. Mais c’est un ensemble auquel je tiens, un patchwork que j’aime et qui me donne le plaisir de travailler. Et puis, dans le juriste, il y a une part de romancier et vice et versa… Ma personnalité ne fonctionne qu’avec cet ensemble. Je ne suis pas juriste pour bouffer et écrivain pour le plaisir… les deux sont imbriqués… Ils sont aussi liés : je suis avocat, spécialiste en droit d’auteur,  et j’écris… Il y a beaucoup de cohérence dans ces deux activités.

Dans la série policière, Michel Van Loo, on retrouve la Belgique d’après-guerre. Une Belgique que vous regrettez ?
J’ai publié 13 romans. La série policière de Michel Van Loo et Monsieur Optimiste sont les seuls livres situés dans le passé. J’aime ce mélange : passer du roman contemporain à Michel Van Loo où je plonge dans le passé. Et puis, je crois qu’on ne peut pas être romancier sans être un peu nostalgique. C’est difficile de ne pas aller en arrière. Et dans l’écriture, le passé simple et l’imparfait fonctionnent mieux que le présent. Le passé nourrit le présent.

Dans la série Michel Van Loo, on ressent aussi une profonde tendresse pour votre pays…

Périls en ce royaume, premier livre de la série, est né durant la crise gouvernementale de 2007. Pour la première fois, on a ressenti que la Belgique pouvait exploser ; que c’était possible. Je voulais écrire un roman sur ce sujet qui me faisait mal, me bouleversait. Le titre s’est imposé directement. J’ai essayé de l’écrire au présent mais je n’y arrivais pas. Je suis donc remonté à l’origine, celle ma naissance (1947) et à la construction de la Belgique moderne. Ensuite, j’ai continué car cela me plaisait. Mais, au-delà de l’enquête policière, on découvre aussi dans la série de Michel Van Loo, la question royale, la colonisation, l’immigration, le communisme de l’après-guerre, Israël…

Et vos racines, votre identité juive…

Oui, tout à fait, avec le personnage de Hubert, le même prénom que mon papa qui est pharmacien comme lui. Et surtout dans La recette du pigeon à l’italienne, où il sert de guide à Michel Van Loo. Et dans Monsieur Optimiste qui est directement inspiré par la vie de mon père.

Dans votre enfance, vous avez habité Schaerbeek ? Qu’est-ce qui vous mène à Watermael-Boitsfort ?

Ma compagne. Elle y  est née. Son grand père fut un des premiers habitants du Logis. Watermael-Boitsfort est un peu préservée, sans doute parce que le chemin de fer l’isole du reste de Bruxelles. Il y a son côté village bien sûr sans être trop stoeffer comme à Uccle. De plus, socialement, c’est très mélangé et très intéressant. Sans parler du côté intellectuel, beaucoup de créateurs y ont habité… Hergé et Franquin, ce n’est pas rien.

Quels sont les endroits qui vous plaisent dans la commune ?
J’ai une tendresse pour le Logis où j’ai habité. Cette architecture sociale est fabuleuse, fascinante. C’est un modèle magnifique d’intégration sociale : tout le monde se rencontre via les venelles, les squares… J’aime aussi beaucoup la très belle salle de spectacle, le Studio, située aux Trois Tilleuls qui est malheureusement sous-exploitée.
Enfin, en 20 minutes à pied, vous vous retrouvez dans la forêt. On part de chez soi, de la ville, pour se retrouver au fin fond d’une grande forêt mystérieuse à la recherche de la maison de l’ogre…

Quelles sont vos impressions suite à votre mise à l’honneur par la Commune ?
Je suis très surpris mais surtout très flatté. Cette cérémonie qui met à l’honneur chaque année une personnalité culturelle montre que Watermael-Boitsfort est une commune de créateurs : écrivains, peintres, musiciens… Si elle en accueille autant c’est qu’elle les inspire aussi. Je suis un relai dans cette chaine qui rappelle l’importance de la culture et de la création à Watermael-Boitsfort. De plus, l’espace Delvaux accueillera les 19 et 20 octobre, la pièce tirée de mon livre Monsieur Optimiste et je serai présent aux  bibliothèques le 12 octobre pour Quelqu’un livre… Cette mise en valeur de mon œuvre est donc suivie de son illustration : c’est formidable !

 

©Sylvain Piraux

 

 

 

 

Actions sur le document